Questions libres à un consultant freelance
Interview de Mathieu Sisto, consultant indépendant AMOA & stratégie digitale 
Nous avons le plaisir de recueillir aujourd’hui le témoignage d’un prestataire qui nous fait partager un peu de son aventure freelance et nous fait découvrir l’envers du décor.
Mathieu conseille, accompagne et forme les entreprises et les collectivités dans leurs projets digitaux (Web, Social, Mobile). Sa spécialité ? Les projets Web sur des problématiques e-tourisme, e-marketing et de gestion de contenu.
Dans un contexte d’incertitudes économiques, qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer en tant que consultant freelance il y a 2 ans ?
Ce qui m’a poussé à me mettre à mon compte, c’est la fibre entrepreneuriale, le goût pour le challenge. Entreprendre, c’est se remettre en question tous les jours, c’est partager de nouvelles pratiques avec d’autres professionnels dans un contexte autre que celui du salariat, monter en compétences et réaliser des projets pour lesquels on se passionne.
Je suis comme beaucoup dans le Web, autodidacte ! J’ai créé ma première société à 18 ans avec mon oncle. Nous avions créé une Web agency et c’est à ce moment là, quand j’ai commencé à y goûter, que j’ai voulu entreprendre et devenir mon propre patron.
Ma formation et mes expériences dans le Web à travers les missions que j’ai réalisées notamment à Lille et à Sydney m’ont également apporté un bagage rassurant pour ce projet professionnel.
En Australie par exemple, toute l’attention est portée sur l’expérience du candidat. L’inscription en tant que freelance est vraiment facile, vous pouvez faire votre demande d’ABN (équivalent du SIRET en France) et l’obtenir directement en ligne, sans plus de formalités. Et il n’y a plus qu’à prospecter !
En France, j’ai retrouvé ce confort administratif en ayant recours au système du portage salarial. C’est une façon d’entreprendre sans prendre trop de risques et ça permet de se consacrer uniquement à son métier et à ses clients.
Pour finir, je dirais que le contexte de “crise” n’est pas forcément un mal pour un freelance. Les entreprises font plus facilement appel à un consultant extérieur qui est un coût fixe pour elle, et qui peut intervenir dans l’urgence. Il est focalisé sur le projet et ne porte pas d’intérêt pour la politique de l’entreprise : la motivation et l’investissement personnel sont donc forts.
Tout ceci m’a conforté et m’a permis en fin de compte de décider de me lancer il y a un peu plus de deux ans.
Bien évidemment, j’y trouve l’autonomie, la polyvalence (et oui il faut en plus de son métier, gérer son affaire, prospecter, communiquer, etc.) et la flexibilité auxquelles j’aspirais.
Quant à la question des challenges, j’ai souvent la chance de ne pas avoir à prospecter très longtemps. Par exemple, une annonce publiée sur un site spécialisé avait retenue mon attention : j’ai postulé à l’offre un samedi et le lundi, j’ai été contacté par Nadia Carvalho, chargée de recherche chez Opteamis.
La bonne surprise est qu’une mission plus « prestigieuse » (accès grand compte et mission stratégique) m’a été proposée et, en 15 jours, j’ai pu démarrer sur un projet de grande envergure ! C’est agréable de constater qu’il y a une vraie démarche personnalisée entre le prestataire et la société de sourcing pour trouver le profil idéal : la satisfaction et l’attention portée aux projets professionnels du consultant sont des critères aussi importants pour Opteamis que la satisfaction du client final.
Depuis le début de votre aventure, diriez-vous que les missions confiées sont conformes à vos attentes ? Votre intégration dans l’équipe projet a-t-elle été facile à chaque fois ?
Cela dépend de la nature de la mission. Je dirais que sur des missions plus opérationnelles, de développement par exemple, on a des objectifs précis, des livrables à communiquer à une date clé et il est donc rare que la demande initiale évolue, du moins ce que l’on vous demande « d’être » évolue.
Par contre, sur des missions plus stratégiques, de gestion de projet et d’Amoa par exemple, la majorité des missions que j’ai menées a évolué… à mon avantage, dans le sens où la nouvelle répartition des activités met encore plus en avant mon rôle de consulting. L’adaptation est à mon sens une qualité forte pour un consultant Amoa.
S’agissant de mon intégration, je pense que c’est propre à la culture de chaque entreprise. Mais je dois dire que généralement ma « prise de fonction » se déroule parfaitement. Sur le terrain, il n’y a pratiquement aucune distinction entre prestataires et salariés internes, ce qui est très appréciable en termes d’esprit d’équipe. Quel que soit le statut des uns et des autres ou son parcours, ce qui compte c’est la fédération des compétences vers un projet commun.
Avec un démarrage aussi prometteur en tant que freelance Web, vous avez certainement quelques conseils à donner ?
Ce n’est pas une exclusivité ce que je vais dire mais c’est pourtant fondamental quand on est freelance : bénéficier d’un réseau aide que ce soit pour faciliter les mises en contact, les recommandations de missions ou la prospection commerciale (ou tout simplement rester en contact avec des êtres humains
). Moi qui suis passionné par les nouvelles technologies, l’utilisation des médias sociaux est devenue un réflexe ! Ils permettent certes d’être en veille constante sur l’évolution du marché et des pratiques Web mais ils doivent aussi favoriser les rencontres IRL ! Il faut entretenir son réseau, mais il ne faut pas non plus, quand on est en prospection, griller toutes ses cartes d’un coup… Ce qui m’amène au conseil suivant : sagesse !
Il faut donner le temps au temps et ne pas aller trop vite en besogne. Même en tant que freelance, j’ai rédigé un business plan, qui m’a permis de savoir où je mettais les pieds et comment j’envisageais les choses.
Il faut garder les pieds sur terre et être pragmatique, mais il faut aussi garder l’esprit startup, rêver et voir grand !
Aujourd’hui, j’aurais tendance à avoir une approche plus agile, plus lean, c’est à dire mettre à plat le minimum vital et aller beaucoup plus sur le terrain “sentir” les besoins de mes clients et du marché.
Il faut lâcher son clavier et sortir de chez soi ! Aller à la rencontre des personnes, de ses clients, de ses partenaires, de ses concurrents (et oui, ils ont peut être du travail pour vous ou il peut y avoir des synergies entre vos deux profils). Les personnes vous aident assez naturellement. Il faut provoquer des rencontres, aller à des conférences, en organiser sous forme d’atelier d’échange…Bref, tout ce qui favorise l’échange et les relations humaines.
Il est également important de ne pas négliger sa communication et son image. Il faut savoir bien présenter sa « candidature ». Dans la relation tripartie du contrat de prestations intellectuelles, le CV traditionnel n’est à mon sens pas le format idéal. Il faut avoir une approche très concrète et ciblée sur les enjeux de la mission proposée. Une fiche d’expertise personnalisée est une bonne approche.
Pour contacter Mathieu, suivez-le sur Twitter @mathieusisto, retrouvez son profil LinkedIn ou contactez-nous !





1 Comment
Guillou
21 mars 2012Bravo Mathieu !
Fan …
G+
RT
good luck dans tes aventures !!!